
CAP A GAUCHE
35
..."Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience"... Jean JAURES
AVERTISSEMENT : il s'agit du mensuel de la Commission Nationale Entreprises du Parti Socialiste
Pour ceux qui souhaitent le recevoir en format pdf , une seule adresse :
pleborgne@tele2.fr
1.
Économie réelle
Depuis vingt ans, l’économie évoluait en
apesanteur. Financiarisation, déréglementation,
privatisations, financiarisation
– la machine tournait à fond, mais elle ne
tournait pas rond. « Des usines sans
ouvriers », annonçaient les uns.
« Un monde sans usines », renchérissaient
les autres. Le château fort
n’était qu’un château de cartes.
Secoués dans la tempête, les inclus de la
mondialisation financière restent accrochés
aux fauteuils d’où se prennent les décisions
et où se prennent les
hyper-rémunérations. Rien de tel pour des
millions de salariés à travers le monde
confrontés à la violence du chômage, des
dumpings, de la pauvreté.
Pour quelquesuns,
les bénéfices ; pour tous les autres,
les sacrifices !
Combattre la crise et préparer la reprise,
pour nous socialistes, c’est bâtir un
nouveau modèle de développement
à la fois économique et écologique,
technologique et social. Avec en son cœur
l’appareil productif constitué des grandes
entreprises et des PME-PMI, adossé aux
secteurs traditionnels à préserver et aux
activités innovantes à encourager, fort
de ceux qui travaillent et entreprennent,
mobilisant tous les leviers et toutes
les dimensions de la puissance publique
– Etat, collectivités territoriales, Europe.
Ce développement éco-social est incompatible
avec le libéralisme, court-termiste
par cupidité et individualiste par nécessité.
Seule la gauche peut faire naitre
cette nouvelle croissance,mobilisatrice
pour la société et d’abord pour sa jeunesse,
protectrice pour les personnes,
bienfaitrice pour l’environnement.
Chaque mois, ce bulletin vous informera
des actions, propositions, réflexions du
secteur industrieentreprises-
nouvelles
technologies.
Bonne lecture !
Guillaume Bachelay
Alors que le secteur automobile est dans la tourmente, lesmesures gouvernementales
ne sont pas à la hauteur. Pour les grands constructeurs et équipementiers
cotés, les cadeaux sont juteux et réels. Pour les PME de la
sous-traitance et l’ensemble des salariés de la filière, les engagements sont
fumeux et virtuels.
Dès janvier,le Parti socialiste a formulé des propositions concrètes et précises :
- pour les salariés :
- pour les PME :
- pour les consommateurs :
- pour l’innovation et la croissance verte :
- pour une répartition plus juste de la richesse :
Télécharger l’intégralité du plan pour la filière automobile
sur www.agirvraimentcontrelacrise.fr
Lire l’article du Canard Enchaîné du 11/03/09 (« Plan automobile : les écarts de conduite de
N. Sarkozy ») sur industrie@parti-socialiste.fr
Économie réelle
Production - innovation - régulation - protection - redistribution
La lettre du secrétariat national à la politique industrielle, aux entreprises et aux nouvelles technologies
N°1 - mars 2009
Éditorial
La crise ou le grand
atterrissage
Les propositions
socialistes pour la filière
automobile
2.
Économie réelle
Sur un an, la hausse du
nombre d’entreprises
défaillantes est de 66 %
(dont 204 entreprises
affichant un CA supérieur
à 15M
e). 221 000 salariés
ont été concernés.
Emplois supprimés par
branches et par entreprise:
Automobile :
Trèves :
145 à Paris et Reims
Renault :
4 900 d’ici avril 2009.
Premier plan de 4000 départs
volontaires suivis de 900 suppressions.
Sonas (F) :
250
Valeo :
1500 en France
PSA Peugeot Citroën :
3 550 +
850 départs volontaires
Nouvelles technologies :
Free
(Internet) : 340 sur 390
Atmel
(electronique) : 161 sur 1425
NXP France
(électronique) : 400
Hewlett-Packard :
580
Alice (Internet) : 320
France Télecom :
incitations au départ
maintenues
NEC computers :
387
STMicroélectronics :
500
FMlogistic
(electronique) : 489
Chimie-Pharmacie :
Sanofi-Aventis :
927
Pfizer :
892
Schering-Plough :
330
MBO et Innovex:
800
Glaxomithkline:
850
Total : 555 postes
(raffinage et pétrochimie)
Commerce, Vente à distance :
Camif Particuliers :
780 Cmaid Particuliers et 166 au siège
La Redoute :
672
Randstate-Védior :
489
FNAC, Conforama/groupe PPR :
1200
Industrie moyenne :
JPM
(serrurerie) : 1 emploi sur quatre
sur 370 salariés en France
Gardy :
105 sur 450
UPM Raflatac
(papeterie) : 99 sur 288
Chenay et Fils :
700 en France
Seb :
214
Zodiac :
120 sur 140
Altadis
(Tabac) : 1060 dans toute la
France
SeaFrance
(ferries) : 650
CarlsonWagonlit France :
440
Airfrance KLM :
1000 non
remplacements départs en retraite
Après 44 jours de grève générale – conflit d’une ampleur et d’une durée historiques dans ce département
d’outre-mer –, l’accord Jacques-Bino a été signé dans la nuit du 4 au 5 mars 2009. Il engage
aussi bien le collectif LKP, l’État, les deux collectivités régionale et départementale, que nombre de
moyennes et petites entreprises. Le MEDEF a refusé de signer l’accord général, invoquant des menaces
physiques à l’encontre de certains de ses dirigeants, ainsi que des divergences sur le fond.
Quoi qu’il en soit, sur le terrain, plusieurs entreprises membres du MEDEF ont d’ores et déjà signé
l’accord : d’autres signatures devraient intervenir ces prochains jours. Car le LKP maintient la pression
sur les grandes entreprises non signataires, notamment dans la grande distribution et certains
hôtels où des piquets de grève sont établis, allant parfois jusqu’au blocage des sites.
L’accord Jacques-Bino concerne de nombreux domaines socio-économiques, des salaires et de la
baisse des prix jusqu’à l’agriculture ou encore la culture, en passant par les prestations sociales,
le logement, le transport et l’emploi. C’est dire son importance, son périmètre excédant la seule
revendication salariale.
Cependant, il est indéniable que le tissu économique de l’île déjà fragile, a subi un réel traumatisme
– un mois de quasi-paralysie de l’activité. Mais le dynamisme avec lequel l’activité a redémarré
dès le 6 mars permet d’être résolument optimiste. Bien sûr, c’est dans la durée que
s’évalueront les effets de l’« accord Bino » sur l’économie et la vie quotidienne des Guadeloupéens.
Nous veillerons à nous en faire ici l’écho.
David Dahomay, http://daviddahomay.over-blog.com
Baromètrede la crise
Q
uelle est la situation des PME face à
cette crise ?Quelles réponses dans le
plan de relance socialiste ? Quels
rôles peuvent jouer les régions ?
Quelles est la part conjoncturelle et la part
structurelle dans les difficultés rencontrées
par les PME dans la crise ? Autant de questions
abordées pendant deux heures
d’échange avec la salle.
Dans notre pays, les petites et moyennes
entreprises sont les premiers employeurs
(89% des salariés des entreprises.)
Aujourd’hui,
elles sont fragilisées pour 3 raisons
principales :
- le ralentissement de l’activité depuis près
d’un an ;
- le manque de commandes et les retards
de paiement des donneurs d’ordres ;
- la difficulté à financer leur exploitation et
leur investissement en raison d’une politique
bancaire n’assumant pas son rôle de
développeur économique.
La crise est l’aboutissement des politiques
de compression salariale et de délocalisation.
L’environnement excessivement financier,
qui prônait un rendement sur capitaux
de 15%par an,alors que l’économie croît de
1,5% par an dans la quasi totalité des secteurs
ne pouvait aboutir qu’à un échec. Les
salariés, déjà affaiblis par un niveau de vie
qui stagne, servent de variables d’ajustement
et sont victimes de licenciements.
La société de services n’est pas auto suffisante.
La production doit innover par de
nouveauxmoyensplusefficaceset plusécologiques.
Nous devons replacer le salarié de
l’industrie au centre de notre réflexion sur
l’emploi et le développement des territoires.
Le plan d’urgence du PS propose de venir en
aide aux salariés qui sont les premiers et les
plus durement touchés (prolongement du
contrat de transition professionnelle, augmentation
des heures supplémentaires et
relèvement de son indemnisation, droit effectif
à la formation individuelle qualifiante
et rémunérée, encadrement des licenciements
boursiers…)
Dans les PME,desmesures urgentes sont à
prendre : des sessions de formation des
chefs d’entreprises au financement en
temps de crise peuvent facilement être organisées
localement. Des garanties régionales
peuvent être apportées pour faciliter
le crédit octroyé par les banques.L’expertise
pour trouver de nouveaux débouchés sur
nosmarchés et à l’export peut êtremobilisée
aussi.. Il faut enfin lutter contre la crise
à l’échelle de l’Europe (fonds européen,protection
du marché communautaire contre
des produits importés ne respectant par les
normes sociales et environnementales, politique
d’éco-industrie commune par l’augmentation
du budget en faveur de la
recherche, etc.)
Contact :info@pme-pmi-ps.org
Les PME face à la crise
Le31janvieràl’Assembléenationaleétaitorganiséeuneréunion-débatréunissantunecentainedeparticipantsautourdeSergeBardy,
conseillerrégionalde
Pays de la Loire ;Pierre-AlainWeill en charge des PME au PS et Laurent Blaizac
du GSE PME/Commerces.
Conflit social enGuadeloupe
3.
Économie réelle
Banques :
Calyon :
plus de 500 en France
Natixis :
1300 en tout
Crédit agricole :
250 en France.
Commentaires
• PPR supprime 1 200 emplois malgré
un bénéfice de 875 M
d’amende dont 10 000
e avec sursis,
pour avoir annoncé sur son site intranet
qu’elle recherchait un candidat
« de préférence de parents français
nés en France ».
• Le groupe Sony va fermer son site de
Pontonx-sur-Adour (Landes) le 17 avril
prochain. Le PDG de l’entreprise a été
retenu par les 311 salariés menacés de
licenciement dans la nuit du 12 au
13 mars dernier.
• Airbus a enregistré six commandes
d’avions depuis le début de l’année et
quatorze annulations. La situation est
semblable chez son concurrent
Boeing.
• 550 suppressions d’emplois chez Total
qui a réalisé 13,9 Md
e de bénéfices en2008.
• Fermeture de l’usine de fabrique de
pneumatiques de l’entreprise Continental
de Clairoix dans l’Oise, alors
que les salariés avaient accepté en
2007 de travailler plus (de 35 h à 40 h)
contre l’engagement de la direction de
préserver les emplois.
L
es seuls résultats tangibles de
cette dérive auront été d’une
part la démolition d’EDFGDF
(que les Français ne souhaitaient
pas), d’autre part la
privatisation de Gaz de France
par dissolution au sein de la
Lyonnaise des Eaux-Suez et le détournement
de ses ressources vers
les circuits obscurs d’une finance internationale
en crise. Fil d’Ariane de
ces décisions lourdes de conséquences
: une dérive oligarchique
du pouvoir. Comment ne
pas voir que le chef de l’Etat et ses
riches amis cherchent, d’ici la fin du
quinquennat,les voies d’une restructuration
de l’industrie nucléaire française et
de la privatisation totale d’EDF ? Sous le fallacieux
prétexte de la promotion d’unmarché
et de sa régulation – dont on connait
l’impuissance à servir efficacement les usagers
dans le domaine de l’énergie - se cache
un désir d’appropriation à des fins privées
de cette formidable rente, prélevée sur le
revenu des Français alors même qu’ils
doivent régler les factures de gaz
et d’électricité dans un contexte
de pouvoir d’achat en berne ?
Un sondage réalisé au
Royaume-Uni à la demande
de députés travaillistes et responsables
syndicaux (– où
Mme Thatcher,la première en Europe
il y a 20 ans, impulsa semblable politique
– indique que
77 % des Britanniques
souhaitent que les
"utilities",les entreprises du service
public de l’eau, de l’électricité et du
gaz, soient re-nationalisées
Groupe Socialiste d’Entreprise National
Energie.EDF-GDF
gsen.edfgdf@free.fr
L
a liberté est un principe de l’Internet particulièrementmis àmal par le gouvernement
au regard de la tradition française. Ainsi le projet de loi « Création et Internet » soumet
le Net à la procédure pénale et constitue une forte régression des libertés publiques
qui pourrait conduire au filtrage et à la surveillance généralisée.Au plan industriel,
non seulement ces atteintes aux libertés ne favoriseront pas la création de contenus,mais
elles affaibliront les entreprises et nos « jeunes pousses » dans la compétition qui les oppose
aux géants américains ou asiatiques du secteur des technologies de l’information et
de la communication.
Dans un contexte de révolution technologique,Hadopi est une occasion
ratée de jeter les bases d’une nouveaumodèle économique adapté au numérique
et aux industries culturelles (disque,cinéma,édition…)
Mathias de Jouvenel,militant,section Services publics- Paris.
1 - http//www.pcimpact.com/actu/news/49573-hadopi-riposte-communication-quadrature-
net.htm
Internet :Hadopi ou une
occasionmanquée
Energie : le chaos !
La tentative de créer un illusoiremarché de l’énergie en France et en Europe,
pour faire baisser les prix de l’électricité et du gaz grâce à une concurrence
prétendument vertueuse,a fait long feu.Elle a conduit à l’augmentation des
prix,à la désorganisation de l’outil industriel,au gaspillage des ressources,à
un accroissement des risques.
4.
Économie réelle
Philippe Matzkowski, président du collectif LBO,
mouvement syndical contre la financiarisation de l’économie
Quelle est la situation des entreprises
sous LBO* ?
Le LBO peut être défini comme
l’achat d’une entreprise saine,financé
par des emprunts bancaires.
En cette période de crise,
la liste des LBO défaillants s’allonge,
mais il est difficile d’identifier
toutes les victimes car les
procéduresengagéesauprèsdes
tribunaux de commerce sont
souvent desmandats confidentiels
et les salariés restent tenus
dansl’ignorancedel’opérationfinancière.
Selon l’assureur-crédit
Coface, plus de lamoitié des entreprises
sous LBO en France
(900) se trouverait dans une
zone de haute surveillance et
plusieurs dizaines seraient
même en alerte !
CertainsLBOsemblentaussiprofiter
de la crise pour supprimer
des emplois et maintenir le niveau
de profit des actionnaires :
SAINT GOBAIN DESJONQUERE,
par exemple, avec une baisse de
15%deseffectifsetREXELavecun
plan social d’aumoins 300 salariés
au nomde la sauvegarde de
la compétitivité malgré de
bonnes prévisions pour 2009 et
2010...
Avecplusde700000entreprises
à transmettre dans les 10 ans à
venir et à l’heure où le risque de
crise financière systémique liée
aux LBO n’est pas à exclure, espérons
que la mission d’information
sur les fonds d’investissement,
votée en janvier 2007
par la commission des finances
de l’Assemblée Nationale, ne
tarde plus à démarrer son enquête...
contact :infos@collectif-lbo.org
C
rise oblige, les responsables gouvernementauxet
les«leadersd’opinion»
sont – pour partie – revenus des théories
qui expliquaient doctement que l’industrie
c’était fini (comme si depuis les
Tempsmodernes de Chaplin,les entreprises
et les techniques n’avaient pas évolué), que
l’avenir reposerait désormais exclusivement
sur un modèle de croissance fondé sur les
services financiers et domestiques ainsi que
les valeurs IT ousecteurs des nouvelles technologies
(comme si les services industriels
n’occupaient pas une large part de l’appareil
productif et de R&D), que la classe ouvrière
avait elle-même disparu au profit d’une
vaste classe moyenne regroupant les trois
quarts aumoins des Français (comme si un
salarié du secteur privé sur deux n’était pas
un ouvrier ou un employé au sens où les répertorient
l’INSEE).La crise du système capitaliste
est aussi une crise de la pensée
capitaliste : ces vingt dernières années, la
dérégulation financière et la fragmentation
sociale furent les deux faces, l’une économique,
l’autre sociologique, d’une même
médaille. Loin du volontarisme du Conseil
national de la Résistance, loin du gaullisme
et même du pompidolisme, fidèle à la doctrine
libérale qui a forgé son itinéraire politique
et culturel,N.Sarkozy n’« intervient »
dans le domaine industriel que lorsqu’une
situation sociale dangereuse au plan électoral
l’exige. Les médias polarisent quelques
joursleursregardssurlafermetured’unsite,
surladestructionprogramméedecentaines
d’emplois ici, sur la faillite d’une entreprise
là. Alors, le président Zorro surgit, fait son
numéro-trémolos devant les caméras. Le
soufflémédiatique retombe. Des annonces
sont relayées par les ministres, le plus souvent
d’affichage.
« Ajustement stratégique ciblé »
Dernier exemple en date : le 20 mars, dès
potron-minet sur Europe 1, Luc Châtel, secrétaire
d’Etat à l’Industrie,annonce la « relocalisation
de la production de la Clio 2 » et
« la création de 400 emplois » à l’usine de
Flins.Deux heures plus tard, la direction de
Renault précise les choses : il s’agit d’un
« ajustement stratégique ciblé ». Autrement
dit,de délester la charge de travail du
principal lieu de production du véhicule
situé en Slovénie en mobilisant sur le site
desYvelines 400 salariés des usines voisines
(Cléon ou Sandouville) de façon « temporaire
», probablement jusqu’à l’automne. Il
y a un gouffre entre l’annonce du gouvernement
et la décision du constructeur !
Idem dans le cas d’Arcelor Mittal :
le 4 février
2008, le chef de l’Etat s’était rendu à
Gandrange (Moselle) pour annoncer aux
575 salariés menacés de licenciement un
plan « inouï » de 10 millions d’euros. Sur
place,on n’en a toujours pas vu la couleur !
Et quand l’effet-levier budgétaire est là,c’est
en direction des grands groupes côtés qu’il
est mobilisé – et sans contreparties en
termes d’emploi, de production, d’innovation,
d’environnement ou de rémunérations.
La France a besoin d’une véritable
politique industrielle adossée à une politique
de la recherche digne de ce nom,préparant
l’avenir et accompagnée par
d’ambitieux programmes conçus à l’échelle
européenne. De cela, Sarkozy et son gouvernement
sont incapables. Dans ce domaine
aussi, l’illusion Sarkozy aura fait
perdre un temps précieux à la France.
Philippe Foussier (rédacteur en chef de Communes
de France)
Droite :l’illusiond’unepolitique industrielle
Depuis bientôt deux ans,Nicolas Sarkozy est aux commandes et le résultat
est là :tragique ! Beaucoup demoussemédiatique,une indéniable habileté
à la « tchatche » et un bilan aussi pauvre que celui de son prédécesseur,
pourtant vilipendé pour son immobilisme. La politique industrielle, hélas,
n’échappe pas à cette double absence de cap et de projets.
QUESTION À
LE SAVIEZ-VOUS ?
* LBO (pour leveraged buy-out) consiste à racheter une
société en ayant recours à de l’endettement bancaire
aussi appelé effet de levier. Au-delà du vocable « LBO »,
on rencontre parfois d’autres acronymes pour désigner
plus spécifiquement certain types d’opérations:
• MBO
(management buy-out) : reprise par un fonds
d’investissement avec les cadres de l’entreprise ou
reprise de celle-ci par ses cadres ;
• MBI
(management buy-in) : reprise par un fonds
d’investissement avec des cadres externes à l’entreprise
;
• LBU
(leveraged build-up) : opération consistant à
construire un groupe en fusionnant ou en intégrant
les activités et les structures de plusieurs sociétés
en vue d’en constituer une autre plus importante,
censée dégager une valeur plus importante ou se négocier
sur le marché (gré à gré ou à la bourse via un
IPO) plus aisément.
• BIMBO
(buy-in management buy-out) : opération
permettant le co-habitation des cadres en place et
de cadres de direction externes à l’entreprise.
• OBO
(owner buy-out ou rachat à soi-même) : opération
consistant à générer un flux de liquidités au
profit des actionnaires de la société, sans modifier significativement
la répartition du capital.
5.
Économie réelle
ECONOMIE REELLE – La Lettre du Secrétariat national à la politique industrielle,aux entreprises et aux nouvelles technologies du Parti Socialiste.
Directeur de la publication :Guillaume Bachelay – Rédacteur en chef :Patrick Ducome – Chef de rubrique :Yves Béguin – Secrétaire
de rédaction : Chérif Bâ. Comité de rédaction :Manuela Delahaye,Mathias de Jouvenel, Jean Lions, Pierre AlainWeill. 10, rue de
Solférino 75007 PARIS. Contact :01 45 56 78 86 - cherif.ba@parti-socialiste.fr
Depuis son entrée à la Maison Blanche, B.
Obama a engagé un plan triennal de 1 000
milliards de dollars par an pour sortir de la
crise.Avec 4 objectifs forts :
financer les dépenses
de santé en réalisant des économies
sur les dispositifs existants et en réduisant
les avantages fiscaux des revenus supérieurs
à 250 000 $ ; rendre obligatoire les
plans de retraite financés par les entreprises
pour chaque salarié,en vue de constituer un
complément aux prestations de la Social
Security ; faire baisser les dépenses publiques
de 10 % dès 2010 ; récupérer 70 %
des sommes consacrées aux plans de sauvetage
sectoriels.
Comment stimuler l’économie ?
Les budgets de 357 Md$ et de 316 Md$
votés respectivement par la Chambre et le
Sénat début 2009 concernent le transport,
le logement et le développement urbain,
ainsi que l’énergie et l’environnement,
l’agriculture, le commerce, la justice, la sécurité,
le travail,la santé,la science,l’éducation
et l’administration fédérale.Ils visent à
créer 4millions d’emplois, faire redémarrer
le système financier, donner de l’oxygène
aux propriétaires immobiliers. Rejetant les
options libérales des présidences Reagan et
Bush père & fils, Obama paraît proche des
idées d’un Paul Krugman, économiste de
« gauche » qui préconise notamment une
couverturemaladie universelle,ainsi qu’un
« NewDeal » en direction des plus défavorisés
et des couchesmoyennes.
Comment réduire le déficit considérable du
budget fédéral ?
Le 23 février,Obama a fixé un objectif de réduction
par deux du déficit d’ici 2013. Par
l’achèvement de la guerre en Irak. Par la
mise en place de nouvelles taxes sur la richesse
(hedges funds ;revenus supérieurs à
200 000 $/an imposés à hauteur de 39,6%
contre 35 %). Le déficit 2009 s’établirait à
1500 Md$. A partir de 2010, une réduction
des dépenses de 513 Md$/an serait programmée
sur une décennie à l’issue de laquelle
le déficit budgétaire passerait de
10 % à 3 % du PIB. Le budget définitif 2009
devrait faire apparaître les priorités présidentielles,
notamment la couvertureMedicare
destinée à près de 50 millions
d’Américains.Quant aux permis d’émission
de gaz à effet de serre,ils devraient rapporter
300 M$/an et être redistribués pour
moitié vers les familles, pour moitié vers le
développement des énergies alternatives.
Quid des primes exceptionnelles accordées
aux dirigeants des grandes firmes ?
Le paiement de 218 M$ de primes au personnel
de l’assureur AIG et de primes à des
organismes financiers étrangers a entraîné
une vive réaction dans l’opinion. Le Senat a
voté sans attendre un projet de loi visant à
taxer l’intégralité des sommes versées à
hauteur de 90 % (quand le salaire annuel
est supérieur à 250 000 $ pour un couple).
Que faire des actifs douteux ?
Le 22 mars, le Secrétaire d’Etat au Trésor
Gesthner a dévoilé son plan de partenariat
public / privé en vue du rachat des actifs
pourris afin de purger le système financier.
Le montant de l’achat s’établirait à au
moins 500Md$, sans doute au double.
Roger Lopez et Yves Beguin -
beguin.yves@wanadoo.fr
Déplacements de
Guillaume Bachelay
pour présenter les propositions socialistes
contre la crise et le plan de sauvegarde
pour la filière automobile
• 26 janvier : Calvados / rencontre avec
élus et syndicalistes à Cormeille-le-Royal
• 11 février : Paris / réunion de section
9e arrondissement
• 3 mars : Yvelines / réunion publique
aux Mureaux
• 17 mars : Paris / café citoyen organisé
par la section 13e Ouest
• 26 mars : Seine-Maritime / réunion publique
à Yerville
Prochains rendez-vous :
• Nord (Denain le 16 avril)
• Landes (Mimizan le 4 mai).
Contact :cherif.ba@parti-socialiste.fr
Obama : les premièresmesures
Séminaire consacré aux grandes industries publiques et privées
Le Secrétariat National à la politique industrielle, aux entreprises et aux
NTIC, en liaison avec les GSE et en présence d’économistes, consacrera son
premier séminaire thématique à l’avenir des grandes industries publiques
et privées. Rendez-vous le 4 avril au siège du PS de 9H45 à 13H30.
La Conférence Nationale Entreprises se tiendra
samedi 4 avril,au siège du Parti de 15h à 17h30
Renouvellement partiel des bureaux desGSENationaux et renouvellement
du bureau de la CNE - Annonce et présentation des nouveaux bureaux -
Présentation du programme de travail pour l’année - Questions diverses
à 2007) et des performances jugées
satisfaisantes par FH. Pinault,
PDG du groupe.
• Classement sans suite dans l’affaire
des suicides du Technocentre Renault :
malgré l’envoi à la direction de Renault,
d’un « avertissement » de l’Inspection
du travail au sujet du
« harcèlement moral institutionnel »
le procureur de la République de Versailles
a indiqué que le parquet avait
prononcé, début janvier, un classement
sans suite dans l’affaire concernant
trois suicides de salariés. Cette
décision a été prise car « l’infraction
de harcèlement n’était pas suffisamment
caractérisée »
• Premières baisses de salaires et du
temps de travail (10%) chez Donatello,
tour operateur, depuis la fin d’année
2008.
• Cegetel-SFR condamné pour avoir publié
une offre d’emploi
discriminatoire : la chambre correctionnelle
du tribunal de Nanterre, a
condamné l’entreprise à 20 000
eplutôt que de se contenter de vagues promessesverbales,l’Etat doit limiter par la loi les bonus des dirigeants et les dividendes des
actionnaires.
Avec le sens aigu des responsabilités qui le caractérise, N. Sarkozy dit « regretter beaucoup
» qu’il n’y ait pas de plan européen de soutien à l’automobile.Il oublie de rappeler qu’il
était, quand la crise s’est déclenchée, le président de l’UE : il avait alors les moyens de
convaincre nos partenaires d’agir pour l’industrie européenne. Le PS demande lamise en
place d’un véritable plan européen de soutien à la filière,enmobilisant tous les leviers. Et
d’abord le fonds européen d’aide aux salariés, doté de 500millions d’euros par an, qui ne
demande qu’à êtremobilisé. Il y a urgence.
en contrepartie de l’aide de l’Etat et afin de rattraperleur retard coupable en lamatière,les constructeurs doivent s’engager àmaintenir
leur effort d’investissement et à le réorientermassivement vers l’éco-conception ainsi que
la fabrication des voitures propres conçues et produites sur des sites français ou européens.
la transparence doit devenir la règle.Pour tout véhicule,la performanceenvironnementale, la localisation de la production et l’origine des aides publiques
doivent être clairement indiquées sur les fiches de vente.
les constructeurs qui bénéficient des aides publiques doivent s’engager àréduire leurs délais de paiement et à stabiliser en les pérennisant leurs volumes de commandes.
Ils doivent aussi s’engager sur l’activité de leurs fournisseurs exclusifs.
l’indemnisation du chômage partiel doit passer effectivement à aumoins 80%du salaire et être rendue accessible aux salariés à temps partiel ; les périodes
de non activité doivent êtremises à profit pour favoriser la formation individuelle en lien
avec les accords GPEC ; l’amélioration des conditions de travail, la réduction de la pénibilité
et la limitation du recours aux contrats précaires doivent être imposées en contrepartie
du soutien de l’Etat.
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