
CAP A GAUCHE
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..."Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience"... Jean JAURES
Par Jean Claude Du Chalard
1er Secrétaire Fédaral Honoraire
Le 8 avril Patrick Leborgne signait sur ce blog un billet d'humeur portant sur la
consultation que lançait Ségolène Royale et ses amis auprès de militants du PS.
Notre camarade Patrick avait entièrement raison de mettre le doigt sur cette initiative
on ne peut plus discutable.
En effet on peut se poser la question de la légitimité d'une telle initiative alors qu'il
suffit de déposer soit une contribution, soit encore mieux une motion, discutée dans
les sections, et aboutissant à un vote qui, collationné à l'ensemble des votes dans
toutes les sections, aboutit lors du Congrès à un texte constituant notre charte pour
trois ans et à une équipe de direction s'étant reconnue sur le texte majoritaire.
Autrement dit cette initiative a l'odeur d'un pseudo putsch, visant à une pseudo
O.P.A, et posant la question toute simple suivante :
Comment prétendre à être reconnu légitime lorsque l'on veut y arriver par des
moyens obliques que l'on peut considérer comme illégitimes ?
Lors de sa construction au congrès d'Alfortville le Parti Socialiste avait entraîné
l'adhésion dans l'enthousiasme de milliers de citoyens ayant l'impression que ce
Parti tout neuf était enfin l'outil qui avait tant manqué en mai 1968 pour transformer la
vie, ou plus exactement pour « Changer la Vie »
L'élection présidentielle de 1974 incita bon nombre de ceux qui se reconnaissaient
de gauche à monter avec enthousiasme dans le train du programme commun de
gouvernement, signé en 1972 avec le M R G et le PC, car grâce à cela l'espérance
de victoire prenait corps.
A l'époque le problème central n'était pas de se repartir des postes électifs lors des
discutions dans les sections, mais se rapportaient plus à de la philosophie qu'à un
éventuel plan de carrière, même si nous savions pertinemment qu'il fallait des élus
pour porter à bout de bras les projets qui nous faisaient rêver.
Quand on se rappele tout cela on ne peut qu'être triste de voir comment se porte
aujourd'hui notre cher Parti !
Essayons de jeter un regard sur ce qui se passe dans notre Fédération, non pas
pour être destructif, mais pour prendre à bras de corps ce qui doit être redressé
pendant qu'il est encore temps. Il me semble qu'au minimum deux choses doivent
être principalement traitées :
1) Restaurer l'autorité et donc l'indépendance de la Fédération en se rappelant
qu'elle ne dépend que des instances nationales, et qu'en son sein les simples
militants ou les élus de tout grade aient mêmes droits.
Ainsi j'ai été particulièrement choqué que ce ne soit pas au Siége de la
Fédération qu'aient été présentés, lors d'une conférence de Presse, les
candidats socialistes aux élections cantonales : ces candidats étaient ils ceux du
Parti Socialiste ou ceux du Groupe majoritaire au Conseil Général ?
Je passe en plus rapidement sur le fait que lors de la présentation à Pacé des
candidats on nous ait présenté deux candidats sur le canton de Brequigny. J'ai
été pendant près de 25 ans à la tête de cette Fédération et jamais je n'aurai
participé à une telle mascarade par respect pour mes camarades !
Même chose étonnante le soir du deuxième tour à la ferme de la Harpe : il ne
revenait pas au Président du Conseil Général de laissait entendre publiquement
qu'il diligenterait une enquête sur ce qui s'était passé à Chantepie, car si cela
devait être fait cela etait du ressort de la Fédération et de son premier Fédéral.
A propos de cette affaire, un petit rappel amusant : dans les années 80 j'ai été
amené à traîner devant la commission des conflits un camarade socialiste qui
avait monté une liste aux élections municipales contre le maire socialiste sortant
dont la candidature avait été entérinée par la Commission Fédérale érigée en
Convention de ratification. Le camarade en question, après audition par la
Commission des Conflits, a écopé d'un blâme officiel, avec possibilité de rendre
public ce jugement. Pensant que ce n'était pas nécessaire de le crier aux quatre
vents, je n'en ai averti que les membres du Conseil Fédéral.
Au fait la commune concernée était la Meziére, et le vilain petit canard qui a été
blâmé était notre camarade JL Tourenne !
A propos justement de cette élection de Chantepie sur laquelle Ouest France a
cru bon revenir sous le titre « le PS qui rit et le PS qui pleure »je ne comprends
pas que la Fédération soit restée inerte devant un résultat qu'il était facile
d'envisager. Le premier Fédéral se devait de réunir les deux parties avant le
premier tour et entre les deux tours ; cela n'aurait peut être pas réussi à
débloquer la situation, mais au moins tout aura été essayé, une fédération ne
doit elle pas essayer de fédérer les siens ?. J'ai connu cette situation sur Betton,
alors que Lucien Rose était tête de liste, le secrétaire de section était ce brave
Adrien avec son accent rocailleux, et aujourd'hui malheureusement décédé. J'ai
convoqué, à Betton, les deux parties avant le premier tour et entre les deux tours
pour essayer de fusionner les deux listes, ceci en vain, mais il fallait essayer. La
aussi nous avions échoué à Betton.
Le comble c'est que c'est Benoît Leray qui a du prendre l'initiative, entre les deux
tours, d'une rencontre pour essayer de fusionner !
Au fait j'ai essayé d'analyser les résultats de Chantepie : compte tenu de la faible
progression au deuxième tour de la liste de Mireille Massot, et compte tenu que
le candidat de droite était jeune et du Modem, je me suis demandé si la
présence de la liste menée par Benoît Leray n'avait pas permis à Mireille Massot
d'être au deuxième tour. Je redis ici ce que j'ai déjà écrit : en Bretagne le péril
pour les socialistes ce n'est pas l'UMP mais ce sont les centristes !
2) Mettre un frein aux cumuls. On a l'habitude de rétorquer qu'il faudrait pour cela
une loi portant sur le statut des élus.
Bien sur, mais encore faut il se mettre d'accord sur son contenu :
• s'il s'agit de veiller à ce que tout élu retrouve le même niveau de revenus
et de versements pour la retraite qu'avant son élection, la même
progression de carrière que s'il n'avait pas été élu, et surtout retrouve le
même emploi ; alors je trouve cela non seulement normal, mais surtout
parfaitement équitable.
• Par contre s'il s'agit de faire en sorte d'instaurer la professionnalisation de
l'élu politique, et la recherche actuelle de cumuls va dans ce sens, alors je
pense qu'il y a la une dérive dangereuse de ce que doit être l'élu
républicain qui se doit être quelqu'un qui a accepté pour un temps limité,
celui du mandat électif, de se mettre au service de ses concitoyens.
Ce cumul de postes rétribués, qui entraîne naturellement une recherche
de cumul dans le temps, entraîne très souvent un ralliement facticement
idéologique à tout courant majoritaire : c'est cela ou alors il y a risque de
se retrouver comme minoritaire à l'A.N.P.E !
Cela entraîne une notification de l'élu, une fusion dans le politiquement
correct, qui, à mon avis, sont la source même du dépérissement des partis
politiques, et en ce qui nous concerne une des raisons fondamentales de
la perception de notre Parti, et cela beaucoup plus que la remise en cause
des raisons historiques qui ont abouti à la création du socialisme, quant
bien même en les baptisant thèses « pseudo révolutionnaires » ! Comme
si l'exploitation de l'homme par l'homme n'existait plus, comme si le
capitalisme avait disparu parce qu'on l'avait rebaptisé « mondialisation
libérale » !
Enfin pour terminer sur cette question de cumul de postes rémunérés,
j'incite les élus socialistes, dans le contexte particulièrement dramatique
pour le niveau de vie de plus en plus exigu de nos concitoyens à faire preuve de
retenue dans l'utilisation à des fins d'allocation d'élus de cet impôt
parfaitement injuste qu'est l'impôt local, surtout s'ils disposent de
techniciens en nombre et en qualité permettant de les aider dans leur
fonction.
Même si j'ai essayé d'énoncer cela en y mettant les formes, je me doute
que cela peut faire grincer des dents, même si ceux qui soutiennent
Ségolène Royale soutiennent son refus du cumul, ce que je salue chez
elle !
Voici, mes camarades, les deux points qui me paraissent d'importance sur
lesquels, même s'il existe d'autres points largement aussi importants, il conviendrait
de réfléchir pour le prochain Congrès de notre Parti, le but étant de retrouver un
Parti de militants enthousiastes et fiers d'appartenir à la famille socialiste.
A l'avance je m'excuse auprès des camarades que mon libre propos aurait pu
choquer.
JC du Chalard 1ér Fédéral honoraire
Il est évident que je vous invite à réagir, le débat se poursuit, merci de m'adresser les contributions en format ".doc. " à :
pleborgne@tele2.fr
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