Services publics : une richesse dilapidée

Oui, les services publics sont une richesse : la richesse de ceux qui n'ont rien, ou pas grand-chose, et qui peuvent accéder quand même à l'éducation, à l'information, au soutien, aux soins, aux secours. Cette richesse-là ne plait pas à la droite sarkoziste, parce qu'elle est facteur d'égalité. Et dans le monde des sarkozistes, chacun doit avoir en fonction de ses « mérites », c'est-à-dire le plus souvent de son héritage, financier ou socio-culturel, et pas en fonction de ses besoins.

Alors, on dilapide notre richesse de service public. Cela s'appelle la RGPP (révision générale des politiques publiques), qui touche tous les secteurs. Désormais, l'ANPE n'existe plus, elle est remplacée par un « Pôle emploi » dont les agents ont un statut privé. Les Universités sont « responsabilisées » et doivent trouver elles-mêmes une bonne part de leur financements... privés. Dans les services déconcentrés de l'Etat (les préfectures, les directions départementales, etc.), c'est la foire aux fusions de missions. Désormais, un fonctionnaire recruté pour un métier, qualifié pour l'exercer, compétent dans les tâches qu'il a à accomplir, pourra être déplacé dans un autre service, sur une autre mission, voire licencié, si l'on supprime des postes. Et des postes, on en suppri me des dizaines de milliers chaque année. C'est le syndrome « France télécom » qu'on inaugure pour des millions d'agents de l'Etat.

Même l'éducation est mise à mal. Les suppressions de postes, bien sûr, mais aussi les « réformes » qui remettent en cause les enseignements disciplinaires au lycée, accentuent la hiérarchie entre les « bons » bacs et les autres, dépossèdent les élus de la communauté éducative de l'essentiel de leur pouvoir de décision et mettent en place une concurrence « libre et non faussée » entre les établissements scolaires.

Le 21 janvier, les agents des services publics seront en grève. Et ils ont bien raison !

Réformer les retraites

"Dans un pays dont l'espérance de vie s'accroît d'un trimestre chaque année, nous n'avons d'autre solution que de travailler plus longtemps", a estimé hier Xavier Darcos qui préconise un rapport "deux tiers, un tiers" entre la durée d'activité et la durée de retraite.

Pourquoi devrait-on travailler les deux tiers de sa vie d'adulte alors que le système économique ne sait pas assurer un travail suffisant à tous les actifs entre 20 à 60 ans? La durée de vie active marchande diminue au début de la vie - les jeunes commencent leur vie professionnelle de plus en plus tard et allongent leur temps de formation - comme en fin de vie - à partir de 50 ans, les séniors sont poussés plus ou moins gentiment en dehors des entreprises. Mais quel est le problème posé par le viellissement de la population?

Le PIB par habitant augmente toujours. Quelle importance a donc le fait que le rapport entre le nombre d'actifs et le nombre de retraités passe de deux à un? En 1900, il y avait sept actifs pour un retraité. Actuellement on en a moins de deux pour un retraité. Si des retraites ne sont pas financées, c'est que de la richesse créée est soustraite à cette contribution. Tant que la durée de vie professionnelle baisse, il n'y a pas lieu de reculer l'âge de la retraite. C'est le problème de financement qu'il faut résoudre. Et ce problème de financement vient de la diminution de la durée de vie professionnelle. Quand on obtient plus de richesse par personne avec une occupation nécessaire des personnes qui diminue, on ne va tout de même pas augmenter le temps de travail des personnes.

Le gouvernement, en fait, veut transformer la retraite en chômage. Sous le couvert d'une présentation "éthique" de sa réforme - il faut donner de l'activié à deux tiers de la durée de vie humaine - le projet vise seulement à confirmer, à sécuriser le partage des richesses mis en place depuis les années 80 qui tend à réduire la valeur du travail.
Pour vivre longtemps sans perdre le goût de vivre, il faut rester actif. C'est bien ce qui donne la force au discours gouvernemental. Mais il n'est pas nécessaire que cette activité soit marchande quand la production de l'unité de travail diminue. La stratégie actuelle du gouvernement est bien de donner des habits nobles à une arnaque.

En 1993, puis en 2003, l'argument était de résoudre un problème de financement. Ces réformes n'ont pas réglé le problème de financement. Le problème reste le même. Mais le gouvernement ne peut mettre en avant les mêmes arguments pour continuer à opérer sur les mêmes paramètres: le niveau de cotisation, le temps de cotisation et le niveau des pensions. Tout le monde sait maintenant que toucher à ces paramètres c'est appauvrir tout le monde. Le gouvernement change donc d'ordre ses arguments et se place au niveau de la conception générale de la vie humaine, voilà l'arnaque.

En fait, le problème de financement des retraites, comme celui de la couverture maladie ou celui de la couverture chômage vient de l'exigence de rendement qui pèse sur les entreprises. Tant que le financement de la couverture des besoins sociaux constitue une charge de production et que les charges de productions doivent diminuer pour raison de rendement (concurrence pour les financements) ou pour raison de marché (concurrence pour les marchés), la sécurité sociale santé ou professionnelle et les retraites resteront dans une situation financière risquée.

Actuellement, la couverture sociale est financée sur le salaire et constitue une part de la masse salariale valorisant le travail effectué dans l'entreprise. Les charges sociales sont d'une part prélevées directement sur le salaire brut du salarié et d'autre part globalement en fonction des salaires versés par l'entreprise - cette dernière part constitue les charges sociales dont le patronat ne cesse d'obtenir de plus en plus d'exonération. La seule réforme durable des retraites est une réforme globale du financement des besoins sociaux (autonomie des jeunes, couverture maladie et chômage, formation tout au long de la vie, retraites) qui doit être transféré des charges de production à un prélèvement sur les richesses créées.


Patrick SOULIER
Militant socialiste
Délégué CGT

Un copain et un camarade, je suis entièrement d'accord avec lui, il l'a écrit mieux que moi.

Mon total soutien aux CONTI

 

 

En effet combien de temps allons-nous laisser perdurer cette criminalisation de l'activité syndicale ?

 

Qui commettent les délits ?

 

Les boursicoteurs petits et gros qui ne vivent et ne s'enrichissent qu'à travers les licenciements boursiers ?

 

Ou

 

Les salariés qui défendent leur emploi et pouvoir d'achat ?

 

A vous de jugez et de reprendre une activité syndicale, rien ne vaut la défense collective des intérêts des salaries; à chacun son camp.

 

Patrick

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