Fin de la retraite à 60 ans ou mobilisation décisive ?
Il aura suffi de quelques mots pour que l’écho soit d’une ampleur considérable. En finir avec le droit à la retraite à 60 ans ? La réponse ne pourrait être que oui. D’une certaine manière, on
assiste au même déferlement médiatique que lors du référendum sur le TCE.
Un référendum social majoritaire sur cette question est donc l’horizon quasi naturel en réponse à la volonté d’allonger l’âge de départ en retraite. La déferlante
médiatique n’a qu’une fonction : faire sauter le tabou de la retraite à 60 ans, le tabou d’un régime à prestations définies et aller vers une retraite par points comme les Assurances savent en
faire à partir des tables de mortalité.
Les dirigeants socialistes qui s’expriment en ce sens n’ont aucun mandat pour le faire. Ils tirent une balle dans le pied de la gauche en rendant illisibles les
différences entre la droite et la gauche. Quelle illusion de croire qu’un consensus national est possible sur le sujet des retraites ! Il s’agit enfin d’un piètre exemple pour rénover à
gauche et donner toute leur place aux militants.
On ne peut que se féliciter que la direction du PS vienne rappeler dans une circulaire interne : « que la retraite à 60 ans est un droit qui doit être
maintenu » et que « les militants trancheront nos propositions dans le cadre des conventions qui ont été programmées pour 2010 ». Mais la vigilance
s’impose !
2010, l’année de la reconquête ?
L’urgence, c’est que la gauche fasse son unité sur la défense de la retraite à 60 ans et exige une répartition des richesses qui tienne compte de la nouvelle donne
démographique. Le mouvement syndical, qui s’est divisé en 2003 sur cette question, doit lui aussi se rassembler pour répondre au défi lancé par Sarkozy et le Medef.
Cette unité est réalisable dans les villes, les entreprises sur la base de quelques exigences :
droit à la retraite à 60 ans (55 ans pour les métiers pénibles),
pension égale à 75 % du salaire avec un minimum correspondant au SMIC,
indexation des pensions sur les salaires,
financement par une meilleure répartition des richesses, la mise en débat de la hausse des cotisations retraite.
Aux socialistes d’expliquer, de consulter, de rassembler et de mobiliser ! A cette condition, 2010 sera l’année de la reconquête pour chasser au plus vite
Sarkozy et les siens.
Le premier ministre, François Fillon, l'a promis, lundi 18 janvier, lors d'un déplacement dans les
locaux de l'éditeur de logiciels Dassault Systèmes, à Vélizy (Yvelines) : cette fois, " c'est le véritable top départ à grande échelle du déploiement de la fibre - optique - dans notre pays
".
L'Internet à très haut débit (dix fois plus rapide que la technologie ADSL) va-t-il enfin être
accessible rapidement au plus grand nombre ? A ce stade, rien n'est moins sûr.
Cela fait déjà trois ans que les opérateurs privés ont annoncé leur volonté d'investir dans ce réseau
de télécommunications fixe " du futur ", pour amener la fibre optique jusqu'aux logements des abonnés. Concrètement, seules 255 000 personnes, sur Paris et dans quelques métropoles régionales, y
avaient été raccordées à la fin du troisième trimestre 2009, selon l'Arcep, le régulateur français du marché des télécommunications.
Il aura fallu dix-huit mois et beaucoup d'énergie à ce dernier pour parvenir à mettre d'accord France
Télécom, SFR, Bouygues Telecom, Iliad et Numericable, et établir un " cadre réglementaire " de déploiement de la fibre optique dans les zones les plus denses, pourtant les plus rentables
a priori. Ce texte a été publié au Journal officiel du dimanche 17 janvier.
Les opérateurs de télécommunications devaient accepter le principe d'un partage des investissements et
des infrastructures, alors qu'ils se livrent par ailleurs une concurrence très rude sur les marchés de l'accès à l'ADSL et du téléphone mobile.
Sachant que, sur le marché de l'accès à Internet, ce qui a compliqué considérablement la donne pour
l'Arcep, c'est qu'il a fallu tenir compte d'un déséquilibre fondamental entre les acteurs en présence. D'un côté, France Télécom, privatisé à partir de la fin des années 1990, propriétaire du
seul réseau de télécommunications fixe d'envergure nationale. Et les autres qui, hormis Numericable (héritier du réseau câblé hexagonal), sont obligés de lui payer un droit de passage sur ses
infrastructures.
L'Arcep, garant du bon fonctionnement de la concurrence, devait éviter deux écueils. Pour déployer le "
très haut débit ", il suffit à France Télécom de remplacer les parties terminales de son réseau actuel (les quelques centaines de mètres séparant les centraux téléphoniques des abonnés), encore
en cuivre, par de la fibre. Le groupe aurait pu, si l'Arcep l'avait laissé faire, reconstituer à cette occasion son monopole. Et ne laisser aucune chance à ses concurrents de se constituer leur
propre réseau.
Mais ces derniers auraient pu être tentés par la stratégie du " coucou " : laisser France Télécom
investir, puis se greffer sur ses tuyaux à moindre coût pour lancer leurs offres commerciales.
Les opérateurs ont aujourd'hui un mois, à compter de la publication au Journal officiel du
cadre réglementaire, pour proposer à leurs concurrents des offres tarifaires d'accès à leurs réseaux respectifs. Mais pour que tous les habitants des zones " denses " (environ 5 millions de
Français dans l'Hexagone), se voient rapidement proposer une offre, il faut encore que les opérateurs passent le barrage des copropriétés. Ce qui n'est pas gagné : beaucoup restent échaudées par
le plan " câble ", dans les années 1980 : à l'époque, l'Etat avait décidé d'un équipement des immeubles sans concertation.
Par ailleurs, pas sûr qu'en assemblée générale, les co-propriétaires perçoivent d'emblée l'avantage du
passage au " très haut débit ". De fait, pour l'heure, non seulement la plupart des abonnés à l'ADSL trouvent le niveau du débit suffisant pour leurs usages. Mais en plus, opérateurs et
gouvernement restent assez vagues : le très haut débit permettra de télécharger des films en quelques minutes à peine, de faire plusieurs tâches simultanément (envoyer un fichier très lourd,
écouter de la musique en " streaming "...). Chez Iliad, on estime que l'objectif de couverture de 4 millions de prises raccordées, en 2012 sera tenu.
Mais que dire de la zone 2, " moyennement dense " (10 millions de foyers
raccordables), sans parler de la zone 3, 5 millions de foyers concernés, déjà en partie laissée pour compte par le déploiement de l'ADSL ?
Certes, et c'est important, le gouvernement a répété à plusieurs reprises que de l'argent public serait
investi, en plus des investissements privés. Quelque 2 milliards d'euros au titre du grand emprunt vont être consacrés au déploiement dans ces zones.
Mais pour l'instant, les modalités de ces financements n'ont pas encore été définies. M. Fillon a juste
précisé qu'il s'agissait de financer des appels à projets. Des consultations publiques vont être lancées. Il va falloir, comme pour la zone 1, parvenir à nouveau à mettre d'accord les opérateurs.
Un accord de co-investissement vient d'être signé par SFR et France Télécom, mais pour l'instant il ne concerne que les villes de Palaiseau (91) et Bondy (93).
Mais, il faudra surtout les convaincre de prendre un risque financier dans des zones qu'ils ne jugent
pas rentables. Les 2 milliards d'euros censés venir en appui à leurs investissements y suffiront-ils ? Chez France Télécom, le déploiement d'un réseau national est évalué entre 20 et 40 milliards
d'euros... Les collectivités territoriales devront forcément mettre la main au porte-monnaie. " Connecter tout le monde y compris dans la zone trois, c'est quand même un peu du discours
politique ", glisse le dirigeant d'un opérateur.
Oui, les services publics sont une richesse : la richesse de ceux qui n'ont rien, ou pas
grand-chose, et qui peuvent accéder quand même à l'éducation, à l'information, au soutien, aux soins, aux secours. Cette richesse-là ne plait pas à la droite sarkoziste, parce qu'elle est facteur
d'égalité. Et dans le monde des sarkozistes, chacun doit avoir en fonction de ses « mérites », c'est-à-dire le plus souvent de son héritage, financier ou socio-culturel, et pas en fonction de ses
besoins.
Alors, on dilapide notre richesse de service public. Cela s'appelle la RGPP (révision
générale des politiques publiques), qui touche tous les secteurs. Désormais, l'ANPE n'existe plus, elle est remplacée par un « Pôle emploi » dont les agents ont un statut privé. Les Universités
sont « responsabilisées » et doivent trouver elles-mêmes une bonne part de leur financements... privés. Dans les services déconcentrés de l'Etat (les préfectures, les directions départementales,
etc.), c'est la foire aux fusions de missions. Désormais, un fonctionnaire recruté pour un métier, qualifié pour l'exercer, compétent dans les tâches qu'il a à accomplir, pourra être déplacé dans
un autre service, sur une autre mission, voire licencié, si l'on supprime des postes. Et des postes, on en suppri me des dizaines de milliers chaque année. C'est le syndrome « France télécom »
qu'on inaugure pour des millions d'agents de l'Etat.
Même l'éducation est mise à mal. Les suppressions de postes, bien sûr, mais aussi les «
réformes » qui remettent en cause les enseignements disciplinaires au lycée, accentuent la hiérarchie entre les « bons » bacs et les autres, dépossèdent les élus de la communauté éducative de
l'essentiel de leur pouvoir de décision et mettent en place une concurrence « libre et non faussée » entre les établissements scolaires.
Le 21 janvier, les agents des services publics seront en grève. Et ils ont bien raison
!
:
Contre l'abandon des valeurs fondatrices du socialisme, pour l'union de toute la gauche et fidèle aux enseignements de Jean POPEREN.
POUR UN PS A GAUCHE